Camden Market : le quartier alternatif londonien menacé

Camden Town est l'un des quartiers les plus connus de Londres. C'est le temple de l'anticonformisme mis en lumière notamment par le mouvement punk. C'est le quartier de la planète rock dont Amy Winehouse était devenue l'un des symboles. Au milieu d'immeubles aux façades improbables, se croisent des passants au look tout aussi improbable. Concentré de la créativité culturelle décalée, Camden vit au rythme de ses marchés où règne toujours une belle exubérance parmi les street food et les échoppes asiatiques. Mais l'âme de Camden Market est aujourd'hui menacée par les projets immobiliers d'un milliardaire.

Contraste absolu des monuments historiques, des boutiques excentriques et des cultures underground punk, gothique, métal, hip hop ou encore house, les touristes affectionnent particulièrement le dépaysement de Camden.

Une pause déjeuner, un casse-croûte ? Le choix de nourriture du monde entier est vaste. Certains pousse la promenade jusqu'à Camden Lock pour manger au bord du Regent's Canal. Et après s'être rassasié, il n'y a rien de mieux à Camden Market que d'aller dénicher des babioles vintages. Les amateurs de musique trouvent leur bonheur chez les disquaires qui proposent de nombreux vinyles. Camdem est plein de surprises cosmopolites où le shopping est en vedette bien sûr.

 

Cela durera-t-il encore longtemps ? Rien n'est moins sûr : l'identité même de Camden est désormais menacée. Un milliardaire israélien a acheté le marché du quartier. Il a pour projet d'y installer des casinos. La finance échevelée pourrait bien faire tourner très vite une page de l'histoire de Londres.  

À l'instar de Londres, Berlin et le quartier Raw Temple résiste encore aux promoteurs immobiliers. Les restaurants, bars, le cinéma en plein air, ateliers d'artistes et le marché au puces le dimanche attirent originaux et touristes. Les lieux alternatifs de type Raw Temple, souvent des friches industrielles, sont encore nombreux à Berlin mais... jusqu'à quand ? À Paris, la culture alternative s'étendait des Halles jusqu'à Beaubourg où encore rue Keller dans le 11e, à proximité de Bastille. Il n'en reste plus grand chose aujourd'hui et depuis longtemps. Entre quartiers « bobos », grandes enseignes et travaux du Forum-des-Halles, on peut encore apercevoir un disquaire dans une petite rue.

 

Le « tout financier » des grands industriels et aussi des pouvoirs publics mettent en péril l'âme populaire de certains endroits de nos villes. Ils sont souvent remplacés par des projets immobiliers bien aseptisés et uniformisés. Les commerces sont envahis de grandes enseignes : c'est la pensée unique de l'habillement, de la nourriture et de la culture. 

Partager cette page :

Écrire commentaire

Commentaires : 0