Trombone mutant

Arcelor Mittal Orbit - maquette Arup
Arcelor Mittal Orbit - maquette Arup

Alors que Paris se remet d'avoir perdu l'organisation des jeux olympiques d'été 2012, Londres, heureuse élue, s'offre ni plus ni moins qu'une flamboyante « Tour Eiffel tarabiscotée ». Le projet signé du plasticien anglo-indien Anish Kapoor est en fait inspiré de Babel. Il sera financé par le géant de l'industrie métallurgique Arcelor-Mittal. L’œuvre sera destinée à être le symbole des JO, l’objectif étant d’en faire une attraction permanente de la capitale après les festivités. Les britanniques sont experts lorsqu'il s'agit d'humilier les français avec humour !

 

Surnommée le « Trombone mutant », la tour, de son vrai nom Arcelor Mittal Orbit s'élèvera à 115 mètres pour un poids de 1 400 tonnes. Elle dépassera ainsi Big Ben (96m) et la statue de la Liberté (93m). Mais elle sera plus petite que notre Tour Eiffel (324m). D'un coût total de 29 millions d'euros entièrement pris en charge par Arcelor-Mittal et son patron Lakshmi Mittal, magnat de l'acier et homme le plus riche d'Angleterre. l'édifice sera équipé d'un ascenseur, un escalier extérieur, deux plate-formes, un restaurant, pour une prévision de 700 visiteurs par heure. La conception d'Orbit est de 8 spirales géantes faites de tubes métalliques entremêlés. Ce qui fait immédiatement penser à des montagnes russes. La peinture choisie pour habiller le colosse sera rouge, couleur adoptée au Moyen âge par les anglais et devenue le symbole de l'empire. Prévue pour la fin de 2011, l'Orbit trônera au beau milieu du parc olympique. Les structures alentours dont le centre aquatique de Zaha Hadid paraitrons comme de minuscules satellites, pour le coup en orbite.

« Ça aurait soufflé Gustave Eiffel », s'est exclamé le maire de Londres, Boris Johnson, en dévoilant le 31 mars dernier la maquette d'Orbit. Anish Kapoor, ce plasticien britannique d'origine indienne est habitué des œuvres monumentales. Il n'en reste pas moins modeste en évoquant l'emblème parisien : « Ce serait terriblement arrogant de vouloir faire concurrence à Eiffel qui a consacré sa vie entière à la construction de la tour. »

De longues études et la puissance de calcul des ordinateurs ont permis de déceler les difficultés face au comportement du vent. La construction en tubes d'acier assemblés ne doit absolument pas tanguer sous la pression. Il est d'ailleurs prévu qu'au-delà d’une rafale de 100 km/h, que les visiteurs n'y accède pas.

 

Orbit, cet enchevêtrement d'acier tubulaire, désaxé, donnant un ressenti d'instabilité est un projet tès original qui ne risquera pas de faire de l'ombre à la Tour Eiffel. La Dame de fer française peut être tranquille en gardant ses quatre pieds bien symétriques implantés dans le champ de Mars. Le dernier mot appartiendra aux touristes qui jugerons de la notoriété de la tour et de sa probable intégration dans l'héritage culturel britannique. Au moment du décompte du nombre de visiteurs qui s’y rendront chaque année, Londres pourra être fière (ou non) de s'être doté d'un monument emblématique du XXIe siècle. 

 

Présentation vidéo :

Partager cette page :

Écrire commentaire

Commentaires : 0